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  • Dominique Despiney

APPEL AU FUTUR PREMIER MINISTRE, POUR QU’IL NOMME UN RESPONSABLE DE L’ACTION DE TERRAIN



On souligne de toutes parts que les citoyens ne sont pas assez présents dans notre démocratie. Mais présents pour quoi et comment ? Pour voter pour des partis politiques et des organisations professionnelles ? Cela ne suffit pas.

Dès 1962, Pierre Mendès-France l’avait souligné : « La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans une urne, à déléguer des pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant cinq ans. Elle est action continuelle du citoyen, non seulement dans les affaires de l’État, mais sur celle de la région, de la commune, de la coopérative, de l’association, de la profession ».

L’État est essentiel mais ne peut pas tout. Exemple : les efforts requis pour résoudre la crise environnementale n’aboutiront pas sans des changements de comportements individuels dans le cadre d’une écocitoyenneté à développer.

La démocratie doit être plus « contributive ». Mais comment ?

Les démarches descendantes, venant du haut, nourries par notre culture jacobine, ne suffisent pas. Les actions ascendantes émanant du terrain contribuent puissamment au bien commun. Elles sont le fait d’une multiplicité d’acteurs, dont certains, SCIC, les SCOP, grandes associations (Croix Rouge, Secours populaire, Emmaüs, ...) etc., emploient de nombreux salariés et constituent des piliers importants de l’économie sociale et solidaire (ESS).

On fait trop peu de cas d’une catégorie majeure d’acteurs: 20 millions de bénévoles (associatifs et hors associations) témoignent de leur engagement citoyen. Ils œuvrent souvent à titre individuel ou dans de petites associations 1901 (il en existe 1.400.000, une pour 50 habitants). Bien qu’indispensables (les aidants familiaux par exemple), ils sont quasi invisibles. Leurs actions sont aussi méconnues que leurs auteurs. On notera qu’elles sont largement apolitiques : sur le terrain, on s’applique surtout à faire avancer les choses sans se préoccuper de savoir qui vote pour quel parti politique.

Le terrain est riche d’actions et d’innovations, qui, pour beaucoup, passent sous les radars des administrations et du pouvoir central. Les dommages collatéraux sont nombreux : au-delà d’un manque de reconnaissance perçu comme injuste, cet état de fait perturbe sérieusement la conception, la mise en place et l’évaluation des politiques publiques. La complexité, la diversité du terrain et sa nature par essence décentralisée expliquent la difficulté de récolter les informations appropriées et d’en faire bon usage.

Une évolution vers plus d’efficacité est évidemment souhaitable. Vouloir la piloter par le haut serait absurde et contre productif. Au niveau du terrain, c’est l’auto- organisation locale qui doit primer, avant de remonter vers le haut pour rejoindre les politiques publiques. Cela ne se produit pas tout seul : la complexité du terrain pose de sérieux problèmes de savoir-faire et de méthodologie, et appelle des modes de coopération particuliers.

Des compétences abondantes existent dans des entités vieilles depuis plus de dix ans, comme France Bénévolat, RESOLIS, des structures de recherche participative, et beaucoup d’autres. Elles sont trop peu connues et trop peu partagées. Il est essentiel de les développer dans de nombreux secteurs, tels que les précarités, la solidarité intergénérationnelle, la transition écologique, l’environnement et le médico-social. Elles intéressent et motivent de nombreux jeunes, étudiants, actifs, et seniors. Elles constituent des ressources trop peu exploitées au service de l’intérêt général.

C’est un morceau de la France constructive, contributive, responsable, fraternelle et solidaire qui est laissé à l’écart. C’est une fraction du pays qui manque de reconnaissance et de soutien, alors qu’il est essentiel pour le bien commun.

Appel au futur gouvernement

Les actions citoyennes de terrain sont indispensables, abondantes, généralement apolitiques, autonomes, méconnues et mal défendues. Elles sont locales avant de pouvoir changer d’échelle. Pour être plus efficaces et mieux évaluables, elles requièrent de la méthode et de l’auto-organisation

On s’est beaucoup plaint, à tort ou à raison, du manque d’écoute des citoyens par les précédents gouvernements. Nous nous plaignons du manque d’écoute de leurs actions.

Nous appelons le prochain gouvernement, quelle qu’en soit la composition politique, à prendre en compte cette dimension essentielle de la citoyenneté active et de la vie commune. Nous demandons que le futur Premier ministre nomme à ses côtés un Responsable de l’Action de Terrain qui prendra en compte la nécessité des démarches citoyennes ascendantes.

Il entrera dans ses attributions de faciliter la récolte méthodique d’informations sur les actions menées sur le terrain, d’en documenter la richesse et la diversité, et de stimuler leur utilisation pour permettre l’émergence d’actions collectives efficaces locales, et souvent exploitables à plus grande échelle au service du bien général.


- Philippe Kourilsky (Professeur Émérite au Collège de France, créateur et Président d’honneur de RESOLIS)

- Philippe Musette (Professeur médecin hospitalier et Président de RESOLIS)

- Dominique Thierry (Président d’honneur de France Bénévolat, Président de ADELIS)

- Michel Brugière (Ancien Directeur Général de Médecins du Monde)

- Anne-Marie Thierry (Présidente de France Bénévolat Paris)

- Éliane Goudet (Ancienne Responsable d’association d’éducation Populaire)

- Stéphanie Delepoulle (Présidente d’Une lettre, un sourire)

- René Mélou (Président de France Bénévolat ille et Vilaine)

- Équipe de France Bénévolat ille et Vilaine

- Marie-Hélène Desestre (Responsable Communication de France Bénévolat Île de France et Adelis)

- Benjamin Zimmer (Directeur Délégué Associé de Silver Alliance et Vice-président de Entreprise et Progrès)

- Laurence Le Goff (France Bénévolat Seine St Denis)

- Michel Bernard (Professeur Émérite à la Sorbonne)

- Michel Lefranc (Responsable des Relations Internationales de France Bénévolat)

- Dominique Kerouedan (médecin social et citoyenne)

- Dominique Despiney (Vice-président de RESOLIS)

- Daniel Hurstel (Avocat à la Cour)

- Carlo Ossola (Professeur Émérite au Collège de France)

- Jacques Guérin (Ancien consultant et bénévole)

- Christiane Stepanov (Secrétaire Générale de RESOLIS)

- Marianne Eshet (Présidente de l’Alliance pour le mécénat de compétences)

- Denis Grandjacques (Président de France Bénévolat Normandie)

- Marie Grandjacques (Bénévole)

- Monique Belamich (Ancienne enseignante, Bénévole)

- Michèle Hermet (Présidente de France Bénévolat Essonne)

- Hervé Serieyx, (ancien Président national de France Bénévolat, ancien Délégué interministériel à l’insertion des jeunes)

- Michèle Despiney (Ancienne enseignante, bénévole)

- Isabelle Guillemot (Bénévole et ancienne responsable syndicale)

- Michel Porta, (ancien dirigeant du Centre d'Information des Innovations sociales)

- Brigitte Picandet (Médecin bénévole)

- Pierre Corvol (Professeur Émérite, Administrateur honoraire du Collège de France)

- Chantal Nicole-Drancourt (Directrice de recherche Émérite au CNRS)

- Christophe Bitner (Cadre Dirigeant La Banque Postale, Banque citoyenne)

- Muriel Delepierre (Directrice de recherche Émérite CNRS /Institut Pasteur)

- Patrick Grandperret (Vice-président de France Bénévolat Île de France)

- Pascale Grandperret (Avocate à la Cour)

- Nathalie Tisserand (Présidente de France Bénévolat Seine et Marne)

- Patrick Pierron (Ancien Responsable syndical)

- Olivier Clayes (Bénévole RESOLIS)

- Henri Rouillé d'Orfeuil (Membre de l’Académie d’Agriculture, Administrateur RESOLIS)

- Martine Griffon-Fouco (Présidente de société)

- Agnès Chamayou-Douglas (Responsable coordinatrice Maison des Adolescents du Gard)

- David Ojcius (Professeur à l'Université du Pacific – San Francisco)

- Pascale Levet (Déléguée générale du Nouvel Institut- Professeure associée Université Lyon 3)

- Cyril Masselot (Enseignant-Chercheur, Université Bourgogne Franche-Comté)

- Olivier Milhaud (Enseignant-Chercheur géographe, Sorbonne Université)

- Jacques Chanet (Fondateur de la Fondation des Trois Cyprès)

- Valérie Payen (Cheffe de projet de développement de territoire, Directrice Centre Social)

- François Bouchon (Président National de France Bénévolat)

- Roger Sue (Professeur des universités-Paris Sorbonne)

- Dominique-Michel Thierry (Président de Territoire Zéro Chômeur Antony et Président de France Bénévolat Hauts de Seine)

- Jonathan Thunin (Coordinateur en Normandie pour l'Association Solidarité Séniors)

- Christian Ollivry (Président de Antraide, Antony)

- Bérangère Grisoni (Présidente du Collectif Les Morts de la Rue)

- Hasso Younta M'Beta (Initiateur du projet Engagement Vert du Togo)


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